Cette présentation analysera le rapport à l’espace domestique de ménages appartenant aux fractions économiques des classes supérieures. Les pratiques résidentielles de ces ménages mettent en lumière une logique de repli sur l’espace du foyer et de la famille. Ces ménages n’ont pas le monopole de ce privatisme et de ce repli, puisque c’est au contraire une aspiration qui semble traverser différentes classes sociales. Mais tous les ménages n’ont pas les mêmes ressources pour réaliser cette aspiration, et tous n’en tirent pas les mêmes profits. En l’occurrence, le repli sur l’espace privé des ménages enquêtés renforce leur position dominante. En effet, l’espace est pour eux un pourvoyeur de ressources économiques (avec la propriété de grandes maisons de valeur), sociales (avec l’accumulation de capital social issu des réseaux de voisinage homogames du fait de l’entre-soi), symboliques (dû au prestige historique des quartiers étudiés) et scolaires. Il s’agira dans cette présentation de mettre en lumière ce privatisme, d’étudier les dynamiques spatiales des processus de socialisation et d’analyser le rôle particulier des femmes dans la gestion de l’espace domestique.
TERVILLE

